
Les acteurs du centre
Familles et patrouilles : le Vivier Scout

Le scoutisme constitue à la fois une référence et un vivier pour le secteur de l’enfance inadaptée des années d’après-guerre. Cette influence n’est pas absolument nouvelle. Dès les années 1920, les pratiques du scoutisme sont envisagées comme un moyen de prévenir et de combattre la criminalité juvénile. Des scouts intègrent alors des patronages (Rollet), l’éducation surveillée et créent des centres d’un nouveau type (Ker Goat).



Dès la fin des années 1940, le scoutisme est le principal vivier pour la profession d’éducateur. Ces éducateurs sont souvent recrutés par cooptation, ce qui facilite le recours régulier au réseau scout. A Montjoie, les cinq fondateurs viennent du scoutisme et obtiennent le soutien du Commissaire général des scouts de France, Jacques Astruc. Grâce notamment aux conférences du méridien tenues à Jambville et l’ANEJI, ces conceptions et ces méthodes se généralisent dans le secteur. Les nouveaux centres adoptent une organisation en groupes proche de la patrouille scout au sein desquels l’éducateur doit jouer un rôle de modèle et doit tenter de recréer un climat familial.
À partir des années 1950, les éducateurs transforment leurs références et leurs pratiques sous la double influence des sciences du psychisme (psychologie, psychanalyse, psychiatrie) et de la volonté de reconnaissance de leur profession par l’obtention d’un statut et d’un diplôme d’État.


Les fondations : portraits de fondateurs


Biographie de fondateurs
Feurprier Albert : scout dans les années 1930 et 1940, il est membre de la patrouille de Paul Marchal. En 1947, avec Kathleen Marchal, sa veuve, il fonde l’œuvre Montjoie, une communauté destinée à l’aide aux enfants. D’abord éducateur puis éducateur chef, il devient le directeur du centre scolaire de 1953 à 1965, puis du service éducatif en milieu ouvert du Mans jusqu’à sa retraite en 1986.
Feurprier Suzanne : née Suzanne Laudin, elle fonde l’œuvre Montjoie avec Kathleen Marchal et Albert Feurprier en 1947. Son parcours est typique de ces femmes qui ont « épousé l’éducation spécialisée ». Fondatrice et éducatrice dans les années 1940, elle s’efface par la suite des registres du personnel tout en étant présente et partie prenante du centre scolaire et de la vie de l’association jusqu’à la retraite de son mari.
Deniau Jean-Louis (1919 – …) : né à Tours, il obtient son Baccalauréat série A philosophie et passe une licence d’enseignement en Histoire-Géographie. Secrétaire départemental des mouvements de Jeunesse et de Culture populaire de Maine-et-Loire de 1944 à 1946, puis gestionnaire des magasins de l’éducation nationale pour les Académies de Rennes et Poitiers, entre 1947 et 1953. En 1953, il devient le directeur du centre médico-pédagogique des Aubrys à Champagné, une fonction qu’il occupera jusqu’à sa retraite dans les années 1980.
Deniau Janine (1921 – …) : diplômée d’État d’assistante sociale, elle travaille à la crèche de l’hôpital de Sablé de 1939 à 1940. A partir de septembre 1951, elle travaille pour l’association régionale de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence d’Angers, au Centre d’observation du Colombier. En 1953, lorsque son mari devient directeur du centre des Aubrys à Champagné, elle y occupe le poste d’infirmière durant les premières années, puis celui d’assistance sociale jusqu’à sa retraite dans les années 1980.
Rivron Jean (1918 – 2005) : ancien interne des hôpitaux de Paris, il s’installe comme médecin pédiatre au Mans. Dès 1953, il est le pédiatre du centre médico-pédagogique des Aubrys et s’impose rapidement comme l’un des acteurs incontournables de l’éducation spécialisée en Sarthe. En 1956, il est l’un des fondateurs du centre médico-pédagogique du Mans et en devient le directeur médical.
Photographies des fondations






Chef Remy

Mr. Lavarda

Mr. Ernest
Chefs de famille, chefs de groupe

Le chef, du scout à l’éducateur diplômé. À la fin des années 1940, le scoutisme est la première des références des éducateurs. Dans la plupart des établissements, les éducateurs et éducatrices se font appeler « chef », suivi de leur prénom par les enfants. Vers la fin des années 1950, la profession s’institutionnalise au moyen des formations dispensées dans les écoles d’éducateurs. Les personnels formés aux sciences du psychisme promeuvent de nouvelles pratiques et une nouvelle vision de la profession.
Le groupe, ou comment reconstituer un climat familial. Dans les premiers temps, les éducateurs s’appuient sur les principes du scoutisme et proposent une intervention centrée sur le groupe. Les institutions cherchent à restituer une ambiance familiale dont les éducateurs sont les garants et les acteurs puisqu’ils ont la charge des enfants lorsque ceux-ci ne sont pas en classe ou à l’atelier.
Quelques chefs

Chef François

Chef Henri

Chef Yvon

Chef Michel
Quelques photos de groupes : février 1959






Vie en groupe































































































































































































































































































































































































































