Correspondance de
Paul d’Estournelles de Constant

Des lettres pour défendre une certaine idée de la Paix (1914-1924)
Correspondance active de Paul d’Estournelles de Constant (Prix Nobel de la paix 1909) adressée à Nicholas Murray Butler (Prix Nobel de la paix 1931)
Cette correspondance est accessible sur le site Digital Scholarly Editions.
Contributeurs :
De nombreuses personnes ont contribué au projet, afin de permettre un accès public à ces documents.
Pour cette mise en ligne de la correspondance d’Estournelles / Murray Butler, ont contribué :
Transcription écrite et numérique : Nadine Akhund, Alix Chagué, Floriane Chiffoleau, Stéphane Tison
Encodage : Floriane Chiffoleau
Supervision éditoriale et technique : Anne Baillot et Laurent Romary
Institutions Partenaires
Le Mans Université : Engagée dans la promotion des sciences ouvertes et du développement des méthodologies numériques pour la littérature, les langues et les sciences humaines, tant dans l’enseignement que la recherche, l’université du Mans participe au projet DAHN (Dispositif de soutien à l’Archivistique et aux Humanités Numériques). Dans le cadre de ce projet, Le Mans Université propose à la fois des connaissances numériques sur les publications scientifiques des égo-documents (interface éditoriale, données modèles, expertise du laboratoire 3L.AM) et une expertise historique sur le traitement des sources épistolaires (laboratoire TEMOS). L’université contribue localement à la mise en œuvre de la Charte de Réutilisation des Données du Patrimoine et à sa valorisation internationale.
L’INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique) : L’INRIA développe à la fois des technologies d’extraction d’information, notamment pour les textes, et une politique de gestion des données ouvertes, positionnant d’équipe ALMAnaCH au centre du travail innovant en Humanités numériques. Dans le cadre du projet DHAN, Inria-Paris coordonne les équipes concernées et développe des méthodologies adaptées aux sources textuelles historiques.
Archives départementales de la Sarthe : L’ensemble de la correspondance issue du Fonds 12 J a été numérisé par le service des Archives départementales de la Sarthe, permettant ainsi l’encodage et la mise en ligne de cet échange épistolaire entre Paul d’Estournelles de Constant et Nicholas Murray Butler.
Rare Book & Manuscript Library, Columbia University Libraries : Les lettres 10 à 100 de Paul d’Estournelles de Constant proviennent de la bibliothèque de Columbia University. Nous tenons à remercier Jennifer S. Commins, archiviste du Fonds Carnegie pour son aide.



Des lettres pour défendre une certaine idée de la Paix (1914-1924)
LE CORPUS
La correspondance entre ces deux responsables politiques, Prix Nobel de la Paix (1909 pour Paul d’Estournelles de Constant et 1931 pour Nicholas Murray Butler) débute en 1902. Elle prend une tournure plus importante au début de la Première Guerre mondiale : en effet, le sénateur sarthois recentre son réseau de relations vers les Etats-Unis, espérant leur entrée en guerre pour mettre fin rapidement au conflit et imposer de nouvelles règles dans le droit international. A partir d’août 1914 (lettre n°1), Paul d’Estournelles de Constant fait de cette correspondance un récit très précis des événements liés au conflit, certaines lettres constituant de véritables rapports qu’il utilise pour son travail parlementaire. Certaines sont diffusées vers les élites américaines, voire vers l’opinion publique américaine, via The New York Times, grâce à son interlocuteur, Nicholas Murray Butler. Ainsi, pendant dix années, jusqu’en mars 1924, à quelques semaines du décès de Paul d’Estournelles de Constant, sont analysés les faits militaires, politiques, sociaux et culturels du temps du conflit et de la sortie de guerre.
CONSERVATION
Cette correspondance est conservée aux Archives départementales de la Sarthe dans la série 12 J intitulée « Fonds d’Estournelles de Constant », dans les boites 381 à 392 sous le nom « La guerre 1914.1918. Collection de mes lettres numérotées au président Butler (1914-1924 ». Ces lettres sont conservées de façon dispersée dans les fonds de la Dotation Carnegie pour la paix internationale (Carnegie Endowment for International Peace Records), présents dans les collections de la bibliothèque de Columbia University (Rare Book & Manuscript Library at Columbia University libraries). Les lettres numérotées 10 à 100, absentes dans les fonds sarthois, ont été retrouvées dans cette institution, à New York.


LES AUTEURS
Paul d’Estournelles de Constant
Paul Balluet, baron d’Estournelles de Constant de Rebecque, est né le 22 novembre 1852 à La Flèche (Sarthe) et est décédé à Paris le 15 mai 1924. D’abord diplomate, il a exercé à partir de 1874, pendant vingt ans, à Tunis, Londres et La Haye et atteint le rang de ministre plénipotentiaire de 1ère classe. En 1895, il est élu à la Chambre des députés et devient sénateur en 1904, mandat pour lequel il est réélu sans discontinuité jusqu’en 1924. Délégué de la France auprès de Léon Bourgeois lors des conférences de La Haye de 1899 et 1907, il n’a cessé d’œuvrer pour la paix et la conciliation entre les Etats, notamment avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec succès pour le premier, mais sans résultat pour le second. Il fut l’un des rares élus à défendre un rapprochement franco-allemand afin d’éviter une guerre européenne dont il perçoit le risque dès 1900. Il reçut en 1909 le Prix Nobel de la paix, en reconnaissance de son action menée pour la création de la Cour Permanente d’Arbitrage de La Haye et ses initiatives visant à faire dialoguer la France et l’Allemagne. Il défendit également le projet d’avancer vers la fondation des Etats-Unis d’Europe, face à l’émergence économique de nouvelles puissances tels les Etats-Unis, le Japon, les Etats d’Amérique latine et de la Chine dont il perçoit le potentiel à venir au cours du XXe siècle.

Fondateur en 1905 de l’Association pour la Conciliation Internationale, il développe des sections au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon. Paul d’Estournelles de Constant a également initié l’extension de la Fondation Carnegie pour la Paix internationale (Carnegie Endowment for International Peace) en France et en Europe en devenant en 1911 le président du bureau européen. Grâce aux relations qu’il se crée depuis son premier voyage aux Etats-Unis en 1902, notamment avec Nicholas Murray Butler, il œuvre dès 1914 pour favoriser l’engagement des Etats-Unis dans la guerre.
Nicholas Murray Butler
Nicolas Murray Butler est né le 2 avril 1862 à Elizabeth (New Jersey) et meurt le 7 décembre 1947 à New York. Diplomate et homme politique, il fut aussi un universitaire de premier plan. Il fonda en 1891 une revue intitulée Educational Review qui demeure aujourd’hui une revue de référence en matière d’analyse scientifique des pratiques d’éducation et d’enseignement. Président de Columbia University pendant plus de quarante ans, de 1902 à 1945, il fit de cette institution une université majeure à l’échelle internationale.

Membre du parti républicain, il fut candidat aux élections présidentielles de 1912, potentiel vice-président, aux côtés du président sortant William Taft, qui ne fut pas élu. Il soutint la candidature de son ami Elihu Root, Prix Nobel de la paix 1912, et se présente de nouveau aux primaires de son parti en 1920 et en 1928, sans succès.
Comme d’Estournelles de Constant, il a consacré sa vie à la défense de la paix. Président de la branche américaine de la Conciliation internationale fondée par le sénateur sarthois, il fut l’un des principaux administrateurs de la Dotation Carnegie pour la Paix Internationale, dès sa création. Responsable de la division « Relations internationales et Education » de cette société philanthropique, il dirige la Dotation de 1925 à 1945. Il reçut le Prix Nobel de la paix en 1931, pour son action menée pendant plusieurs décennies en faveur de la paix au sein de la Dotation Carnegie.
Pour en savoir plus sur cette correspondance :
AKHUND Nadine, TISON Stéphane, En guerre pour la paix. Correspondance Paul d’Estournelles de Constant et Nicholas Murray Butler (1914-1919), Paris, Le Condottière, 2024. [1ère éd. : Alma, 2018).
Cet ouvrage a reçu le label de la Mission du Centenaire 1914-1918 et le label de The United States World War Centennial Commission
























































































































































































































































































































































































































