VII – SANTÉ ET BEAUTÉ
L’ORTHOREXIE
L’orthorexie est un trouble du comportement alimentaire. Ce trouble est mentionné pour la première fois par le médecin nutritionniste américain Steven Bratman à la fin des années 1990.
L’étymologie du mot orthorexie vient des mots grecs orthos qui signifie « droit, correct » et orexis qui signifie « appétit ». Une personne atteinte d’orthorexie ressent le besoin de se nourrir d’aliments dits « sains », c ’ est-à-dire des aliments dont on connaît la provenance, « la pureté » et les bénéfices nutritionnels comme les fruits et les légumes.
Pour cela, elle va passer un temps important à se renseigner sur des régimes alimentaires sains, pour éviter de consommer des aliments qui sont potentiellement dangereux pour sa santé, mais aussi à planifier ses repas.
Il y a ici une volonté de maîtriser son corps à travers son comportement alimentaire. Physiquement, un orthorexique peut subir une perte de poids qui peut devenir pathologique.
Ce trouble se retrouve particulièrement chez les jeunes femmes qui ont été touchées par l’anorexie.

Sources
Pujol Florence, « Maladies et nutrition », « Les 100 mots de la diététique et de la nutrition », Paris, Que sais-je ?, 2010.
Réalisé par Adrianne Vignocan.
L’OBÉSITÉ
En 1701, le terme « obésité » apparaît dans le dictionnaire de Furetière selon la définition suivante : « Terme de médecine. État d’une personne trop chargée de graisse ou de chair ». L’obésité est une maladie chronique dont la prise en charge peut engendrer une frustration à cause d’échecs fréquents.
Pendant longtemps, l’obésité était le privilège des riches et des puissants qui pouvaient contrer la famine. La grosseur était synonyme d’abondance et de santé tout au long du Moyen Âge et de la Renaissance. La problématique médicale de l’obésité apparaît au XVIIe siècle, lorsque le nombre de personnes obèses augmente. La difficulté à se déplacer et à respirer est, alors, le signe principal de cette maladie.
Au XVIIIe siècle, les dissections accentuent l’importance de l’accumulation de la graisse. Néanmoins, l’expression de « ventre bourgeois » apparaît et reste synonyme de prestige et de respectabilité chez les bourgeois. Au début du XIXe siècle, la vision médicale de l’obésité ’ s enrichit et se rattache aux excès alimentaires. À la fin du siècle, la banalisation de l’usage du miroir et de la balance accentue l’attention portée à la silhouette.
De plus, l’avènement des loisirs au tournant du XXe siècle amène la silhouette à s ’ amincir et se tonifier ; le gros devient donc synonyme de lourdeur, d’inutilité et de paresse. C’est ainsi que dans les années 1920, un nouvel idéal de beauté féminin voit le jour dans lequel le mince prend le pas sur l’arrondi. Ainsi, le regard de l’autre structure la représentation de soi et rejette celui ou celle qui est différent.

Sources
Bourdais Paul, « Obésité », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2020.
Quéniart Jean, « Georges Vigarello, Les métamorphoses du Gras. Histoire de l’obésité », Compte-rendu, Paris, Seuil, 2010, Revue d’histoire moderne & contemporaine, 59-2, 196-197.
Réalisé par Perrine Salerno.
L’ANOREXIE
À partir de la fin du XIXe siècle, on observe une ambivalence autour de la maigreur féminine. D’un côté, celle-ci va s ’imposer comme un signe de prestige social, mais, d’un autre côté, la maigreur féminine va être considérée comme un signe clinique d’une pathologie mentale. Cette restriction volontaire de nourriture qui, auparavant, était assimilée à une manifestation de ferveur religieuse, faisait l’objet, au tournant du XXe siècle, d’investigations médicales.
Ainsi, après étude de cas féminins, les médecins ont défini l’anorexie comme une perte d’appétit « volontaire » coïncidant avec l’apparition des premiers signes pubertaires. En effet, durant les premières décennies du XXe siècle, la presse médicale et généraliste présente la puberté des jeunes filles comme une période particulièrement dangereuse qui justifie la généralisation d’instruments médicaux de contrôle et de mesure des corps.
C’est pourquoi, à présent, le diagnostic d’anorexie est discuté à partir d’une cartographie anthropométrique et d’un examen clinique des signes pubertaires féminins, afin de faire atteindre à la patiente un ratio âge/taille/poids jugé « normal ».
Pour ce faire, dans le but de retrouver un certain développement corporel pubertaire, les médecins et psychiatres vont plébisciter l’isolement, voire l’alimentation forcée pour les cas les plus dramatiques.

Sources
Melgret Elsie, « Anorexie », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2021.
Réalisé par Étienne Leveau.
L’ANOREXIE MENTALE
L’anorexie est un trouble pouvant tout aussi bien être mental que physique. La personne qui en est atteinte peut présenter un poids tout à fait normal, un IMC aux normes mais cela ne veut pas pour autant dire qu’elle n’est pas complexée par son poids. L’anorexie mentale, maladie énoncée récemment dans les années 1960-1970, se traduit par une peur intense de prendre du poids, une volonté d’en perdre, le tout mettant le mental à très rude épreuve.
On peut citer deux types d’anorexie mentale : un premier dit restrictif, se traduisant par des régimes draconiens, des épisodes de jeûne, une hyperactivité physique ; et un autre représenté par des accès hyperphagiques (crises alimentaires) ou la prise de purgatifs. Le tout s’associe à d’autres troubles psychiatriques : troubles obsessionnels et compulsifs, phobie sociale, trouble anxieux généralisé, épisodes dépressifs caractérisés, personnalité borderline, troubles addictifs.
Une personne atteinte d’anorexie mentale peut très bien se porter, tout comme elle peut finir par manifester des troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire ainsi qu’une fatigabilité intellectuelle en plus de s ’isoler.
Et malgré le sentiment de toute-puissance qu’elle peut ressentir avec une maîtrise de son alimentation, la vue d’un poids inchangé sur la balance est un traumatisme réel, amenant dans des cas extrêmes des risques suicidaires. L’anorexie mentale va généralement de pair avec l’orthorexie, un nouveau type de TCA.

Sources
Bernfeld Karin, Déjouer les troubles alimentaires, Librio, Paris, 2007.
Brusset Bernard, Psychopathologie de l’anorexie mentale, Dunod, Paris, 1998.
Réalisé par Albane Lucas.
« LA PEUR DE SOI-MÊME »
La dysmorphophobie est un syndrome touchant entre 2 et 3 % de la population. Elle se caractérise par une préoccupation obsessionnelle des petits défauts présents sur le corps.
Ce syndrome entraîne une grande souffrance mentale et des perturbations de comportement puisque les personnes touchées se stigmatisent elles-mêmes en se comparant aux standards de beauté dans la société. Ce syndrome a été décrit pour la première fois en 1891 par le psychiatre italien Enrico Morselli.
Ce trouble s ’ exprime souvent par différents symptômes. Les personnes ont l’impression que les autres les regardent fixement ou se moquent d’elles en raison de leur apparence. Elles sont persuadées de ne pas avoir un corps normal. Ces personnes évitent souvent d’apparaître en public, ce qui conduit à un isolement social.
Les souffrances liées à la dysmorphophobie peuvent entraîner dépression, alcoolisme voire même des pensées suicidaires. Ce trouble peut être atténué par certains antidépresseurs ou par un traitement cognitif comportemental.

Sources
Merck (MSD), « Dysmorphophobie », Troubles psychiatriques [en ligne], 2023.
Réalisé par Néo Goussé.
























































































































































































































































































































































































































