
THÈME 3 : LES CIVILS
I. NOURRIR ET SOIGNER LES SOLDATS
Les soins sont organisés dans l’armée, mais il n’existe pas de service de santé spécifique. L’organisation est alors confiée aux médecins mobilisés qui doivent prévoir un nombre de lits suffisant quand l’armée approche d’une ville.
Marie Meslay, cantinière du 33ème Mobiles
On sait peu de choses de la vie de Marie Meslay (épouse Degouet) si ce n’est qu’elle était cantinière dans le 33e régiment de mobiles de la Sarthe, et que pour son action, elle reçut la médaille commémorative de 1870-71 en 1913.
On connaît mieux le rôle des vivandières durant la guerre franco-prussienne : distribuer les vivres, notamment l’alcool ; la blanchisserie, la cuisine et autres tâches assignées alors aux femmes. Ce sont souvent des femmes de soldats suivant leur époux, de manière semblable aux femmes vivant de la prostitution, qui elles aussi suivaient l’armée. Cette mauvaise réputation de la vivandière s’estompe au milieu du XIXe siècle dès lors que leur statut est reconnu par l’armée sous le Second Empire. A partir de 1859, la médaille militaire peut leur être attribuée et elles vont participer aux défilés militaires. La république mettra en valeur ces femmes qui illustrent la défense du pays. Ainsi Le Petit Parisien du 4 août 1895 qui leur consacre un article, met en valeur le courage de l’une d’entre elles :
« Mme Cordier s’est surtout signalée pendant la guerre de 1870-71. Elle fit des prodiges de valeur. De plus, après la capitulation de Sedan, elle sauva plusieurs officiers en les cachant dans sa voiture. »
Pour autant, elles disparaissent à la fin du siècle d’une armée qui se virilise.

Le Docteur Mordret, l’organisateur des soins au Mans et dans la Sarthe

Un autre ennemi menace combattants et civils en 1870 : la variole. Le docteur Ambroise Mordret en est le témoin direct, comme médecin chargé de restreindre l’épidémie. Issu d’une famille de médecins sur plusieurs générations, il commence à 20 ans sa carrière dans le corps sanitaire de l’armée et démissionne en 1850.
En 1870, il est rappelé pour soigner les soldats, comme chef des ambulances et chef de la place du Mans. L’afflux de malades atteints de variole s’accroît dès l’été. Sa tâche s’avère encore plus difficile avec l’arrivée de la deuxième armée de la Loire, et celle de nombreux hommes malades par train à la gare.
Ses rapports écrits témoignent de l’ampleur de l’épidémie :
« Le nombre des malades fut tel, qu’il fallut souvent conserver à la gare et à la grande caserne de cavalerie ceux qui étaient le plus grièvement atteints et que beaucoup y moururent. Les ambulances étaient remplies, l’hôpital regorgeait à ce point, qu’on avait dû étendre de la paille dans le vestibule d’entrée, et que chaque jour, 60 à 80 malades attendaient sur cette paille qu’un lit pût les recevoir. Pour plusieurs la mort venait la première… »
Alors que la ville comptait 45.000 habitants, Mordret note le traitement de près de 20.000 malades dont 4551 varioleux. La mortalité atteignait 28 à 30 % touchant peu les soldats allemands, qui avaient été vaccinés.
II. SOIGNER LES BLESSÉS ET LES MALADES
Toutes les bonnes volontés sont acceptées pour soigner les soldats. Les initiatives privées sont innombrables et des hôpitaux provisoires sont organisés dans les couvents, au théâtre, au lycée, au dépôt de mendicité, dans les églises, chez l’habitant… Les soignants rappellent la convention de Genève qui a créé la Croix-Rouge en 1864 pour protéger ces espaces neutres.
Elisabeth Beaufils-Mariette, ambulancière à domicile
La famille Beaufils-Mariette est une famille bourgeoise du Mans qui a fait fortune dans la ferronnerie. Au moment où éclate la guerre de 1870, Elie-Jean est maire-adjoint. Sa fille, Elisabeth, crée une ambulance affiliée au Comité de Secours de la Sarthe. Elle met 6 lits à disposition et recevra 7 blessés ou malades français entre le 15 janvier et le 27 avril 1871. Au même moment, la famille est contrainte de loger un militaire allemand. Pour protéger l’espace des malades, Elisabeth a fait coudre sur un simple manche à balai un carré de drap blanc fin, portant au centre, sur les deux faces, la croix rouge. Parmi les estampilles qui officialisent le drapeau, l’une porte « Préfecture de la Sarthe, Ambulances, Convention de Genève, n°… ». Ce fanion flotte sur l’ambulance située 23 rue du port. L’un des angles est déchiré : trace d’un coup de sabre d’un Uhlan, d’après le récit familial.

Marie-Colombe Cox, religieuse de la Visitation
De nationalité britannique, elle est sœur dans un couvent en Angleterre, puis entre à la Visitation du Mans en 1824, à l’âge de 20 ans. Elle occupe la tâche d’économe puis de maîtresse du pensionnat, puis dirige ce même pensionnat de jeunes enfants. Elle devient assistante de la Supérieure Marie de Chantal Fleuriot, et archiviste de la communauté.
Les sœurs ne sont pas épargnées par la contagion qui gagne toute la communauté. La Mère supérieur et Sœur Cox elle-même sont atteintes par la variole.
Le couvent est un espace sacré interdit aux hommes : elles n’accueillent pas d’ambulance mais réunissent des fournitures « auxquelles un grand nombre d’entre nous travaillaient sans cesse ». Trois fois, elles réussissent à empêcher le logement de soldats, français d’abord, puis allemands. La variole est un argument utilisé pour éloigner ces derniers. Elles leur fournissent malgré tout de la paille :
« Grand fut l’empressement pour leur en procurer. Aussitôt, une chaine vivante s’organise à notre clôture : les unes courent au grenier, les autres passent de main en main les bottes reçues jusqu’à nos sœurs tourières qui faisaient le guet afin que les soldats n’aperçussent pas notre cloître. »
Des religieuses d’autres ordres soignent les soldats dans les églises et les hôpitaux.

Haut de gauche à droite : un 1ère cl. ou sergent de l’infanterie de ligne ; un officier ; un Volontaire de l’Ouest (unif. des Zouaves pontificaux) ; un sergent ou 1ère cl. de la Ligne ; un Volontaire de l’Ouest ; un soldat de Ligne et sans doute un franc-tireur Assis : un franc-tireur ; un soldat de Ligne ? Religieuses de la Congrégation de Ruillé-sur-Loir ; institutrices de l’Externat du Pré
III. PRÊTRES ET AUMÔNIERS MILITAIRES
Dans une société où la religion est encore très présente, les prêtres jouent un rôle important auprès des soldats. Les aumôniers militaires sont chargés d’assurer les offices, les confessions et les absolutions auprès des soldats dans les régiments. Leur fonction est institutionnalisée en 1880.

L’abbé Charbonnier, curé de Fay, et les soldats réunis avant la bataille
Auguste-Adrien Charbonnier est, à 37 ans, curé à la paroisse de Fay, après avoir enseigné au collège de Saint-Calais. Dans les notes qu’il rédige sur un cahier cartonné, il note l’arrivée de mobiles du Lot, puis du Gers, des soldats qui début janvier sont plus de 6000 dans la paroisse. Il note :
« C’était grande pitié de voir ces pauvres soldats grelotter de froid en plein air sans les pouvoir efficacement soulager. Beaucoup de gens se plaignaient de leurs déprédations ; mais ne leur était-il pas indispensable de prendre un peu partout le bois dont ils avaient besoin ! »
À Noël et la fête des Rois, « ils suivirent assez exactement les offices. J’en confessai un certain nombre. […] Le jour de l’Épiphanie, une messe fut dite sur le plateau de la Livaudière par l’aumônier du Gers et le régiment entier y assista. »
Ainsi les préparait-on à affronter la mort au combat.
L’aumônier des mobiles d’Eure-et-Loir, entre les lignes de combat

Le 11 janvier 1871, l’abbé Hervé se retrouve seul dans une ferme près de Connerré avec des blessés lorsqu’il est surpris par des Prussiens. Ceux-ci, conciliants envers les blessés, n’hésitent pas à l’aider. Toutefois, alors qu’il ne dispose que de peu de nourriture « ils ne [lui] offrirent pas une miette de leur table, qui était pourtant abondamment servie ». Il se charge aussi des défunts, dont les nombreux cadavres jonchent le sol. Il décrit ainsi son devoir :
« L’encombrement des routes par l’ennemi ne permettait pas de les transporter au cimetière ; je bénissais donc les endroits qui me paraissaient les plus favorables à leur sépulture, puis je priais les paysans de les enterrer. »
On plaçait ensuite une croix sur les tombes, en prévision du recueillement des proches. L’officier prussien lui accorde le droit de ramener des véhicules afin de transporter les blessés, montrant une seconde fois son indulgence. L’abbé parvient à les faire conduire jusqu’à Pont-de-Gennes, les autres étant accueillis par le marquis de Nicolaï à Montfort-le-Rotrou. Ayant accompli sa tâche, il part retrouver son régiment de mobiles, muni d’un sauf-conduit accordé par l’occupant. Il parvient à rejoindre l’arrière-garde française, après avoir croisé de nombreuses troupes prussiennes à Ségrie le 15 janvier. Un capitaine recueille ses observations sur la marche de l’ennemi.
L’abbé Charles Morancé, aumônier des mobiles de Sarthe
À 40 ans, il est prêtre depuis 1858, officiant dans de nombreuses paroisses du Maine. Il accompagne le 33e Mobiles de Blois en octobre 1870 jusqu’au retour au Mans à la mi-mars 1871. Dans son carnet qu’il publie rapidement après la guerre, il décrit son rôle : se faire le relais auprès des familles, soigner les blessés, soutenir la foi des vivants. Il écrit :
« L’aumônier, témoin ému de tant de douleurs, fier d’avoir partagé sur tous les chemins leurs épreuves, devait appeler sur ses chers morts des bénédictions et des prières. »
Aussi, dans les multiples éditions de son livre Un régiment de l’armée de la Loire, entretient-il le souvenir des 554 soldats de la Sarthe inscrits sur le monument aux morts de Pontlieue, un décompte sans doute incomplet.

L’abbé Fouqueray, tué au cours de la charge d’Auvours
Né à Téloché, l’abbé Auguste François Fouqueray a 29 ans au moment de la bataille du Mans. Ordonné prêtre à la cathédrale du Mans en juin 1868, il est alors vicaire à Montfort. Rendant visite à l’un de ses frères près du Mans, Auguste propose de remplacer le Père Antonin Doussot, fait prisonnier la veille. C’est ainsi qu’il devient aumônier dans la Légion des Volontaires de l’Ouest. Plusieurs de ses frères sont engagés dans les combats, notamment Victor, âgé de 20 ans, qui fait partie des Volontaires de l’Ouest. Peut-être s’est-il engagé pour être proche de ses frères autant que pour apporter offices et absolutions auprès des soldats. Le 11 janvier 1871, il accompagne les zouaves lors de charge d’Auvours, donnant l’absolution aux officiers et soldats qui tombent. C’est en venant au secours du capitaine Fournier de Bellevue, mortellement blessé, qu’il est lui-même tué. D’abord inhumé à Champagné, sa famille le fit transporter au cimetière de Laigné-en-Belin où il repose aujourd’hui. Plusieurs vitraux représentent la scène de son décès : sur la verrière réalisée par François Fialex, édifiée en 1873, et sur une des lancettes de l’église d’Yvré-L’Évêque, due à Albert Échivard, installée en 1914. Une plaque apposée par le Souvenir français à la fin du XIXe siècle rappelle son souvenir dans l’église de Montfort-le-Gesnois. Il est également représenté sur la toile de Lionel Royer consacrée à la charge d’Auvours (1874).

IV. LES INVENTEURS
Le microfilm de René Dagron

Né à Beauvoir (Sarthe) en 1819, chimiste et photographe, Dagron est connu pour être le premier à avoir breveté le procédé du microfilm le 21 juin 1859. Perfectionnant son invention, il présente à l’Exposition universelle de Paris en 1867 des micro-points : sur une surface d’un millimètre carré, il réussit à fixer les portraits des 400 députés français. Au début de la guerre, après avoir conclu un accord financier satisfaisant avec le directeur général des postes Germain Rampont, René Dagron embarqua dans un ballon, avec tout le matériel nécessaire. Mais il est arrêté par les Prussiens. Dagron parvient à s’échapper et continue son activité au service du gouvernement de la Défense nationale à Tours puis à Bordeaux. Il organise le service des pigeons voyageurs et fit passer vers Paris assiégé de longues dépêches microphotographiées. Le message secret était photographié sur un microfilm constitué d’une pellicule de collodion pouvant comporter 40 000 courriers.

La mitrailleuse d’Amédée Bollée
En 1870, Amédée Bollée a 26 ans et travaille dans la fonderie de cloches prospère de son père installée au Mans depuis 1842. Lors d’un voyage aux Etats-Unis à la fin de la guerre de Sécession, il comprend que le Sud a perdu la guerre faute d’armement moderne. Il s’intéresse pour l’armée française au canon à balles, premier modèle de mitrailleuse. Il perfectionne le modèle de Reffye de 1866 inventant un système de refroidissement qui permet un tir plus soutenu. Les munitions sont identiques : des balles de calibre 13mm, mais Bollée augmente aussi la capacité de tir. En effet, la Bollée peut être chargée par 30 projectiles simultanément, contre une vingtaine pour la Reffye. Cette dernière dispose d’une manivelle rotative à l’instar de la Gatling, tandis que la Bollée permet de tirer beaucoup plus rapidement en utilisant un système de pression sur les ressorts qui permet de les relâcher au rythme voulu par l’artilleur.
Ainsi des bons artilleurs étaient capables de charger 5 blocs par minutes, soit 150 balles à la minute, ce qui est dévastateur au regard de l’armement de l’époque. L’armée de la Loire en possédait plusieurs exemplaires qui furent utilisés lors de la bataille du Mans. Sur le champ de bataille, les canons à balles furent souvent assez mal utilisés. Mais lorsqu’on pointait ces armes sur l’infanterie, les dégâts étaient considérables.


La carte postale illustrée de Léon Besnardeau

En 1870, Léon Besnardeau, né en 1829, est imprimeur à Sillé-le-Guillaume. La création du camp militaire de Conlie réunit 40.000 à 60.000 Bretons désirant informer leurs proches. Après avoir épuisé ses stocks de papier à lettre, il produit une carte portant des illustrations constituées d’attributs militaires, comme le fusil ou le tambour. Ces cartes postales sont dotées d’inscriptions comme : “Armée de Bretagne” puis lors de la seconde impression “Armées de terre et de mer”. Souvent considéré comme l’inventeur de la carte postale, des débats subsistent sur cette paternité, proclamée par un article du Petit Journal du 6 septembre 1902. Celui-ci s’exprimera à de nombreuses reprises pour selon lui « rétablir la gloire de son pays ». L’invention de la carte postale est parfois attribuée à l’Autrichien Von Stephan, directeur des postes à Vienne. Au début du 20e siècle, la paternité de l’invention reste en quelque sorte inscrite dans la conflictualité franco-germanique…

Gaston Tissandier et l’aérostation militaire

Gaston Tissandier né le 21 novembre 1843 est un scientifique et un aérostier français. Chimiste et physicien de formation, il enseigne et participe aux travaux de diverses sociétés savantes. Spécialiste de l’analyse des gaz, il est également météorologiste et, en quête d’application et découverte de l’atmosphère, c’est un aéronaute. Il réalise sa première ascension le 16 août 1868 avec Jules Duruof, un ingénieur aéronaute belge. Lors du Siège de Paris, il est le quatrième à partir dans un ballon monté nommé Céleste et arrive à Dreux. Gaston Tissandier devient alors membre d’une équipe d’aérostiers militaires, créée afin d’observer le champ de bataille. Nommé capitaine de ce nouveau corps militaire, incorporé comme son frère Albert, il est chargé des reconnaissances aérostatiques à la 2e Armée de la Loire. Pendant la bataille du Mans, il n’a pas le temps de déployer le matériel nécessaire à l’observation, mais se rend sur le champ de bataille, à l’est du Mans dont il laisse une description précise dans ses Souvenirs et récits d’un aérostier militaire de l’Armée de la Loire, 1870-1871 (1896) [voir ici].
Il continue ses ascensions après la guerre : avec le Zénith, son frère et lui battent le record de durée de vol en 1875. Puis il réussit l’exploit d’une ascension au-dessus de 8600 mètres qui sera fatale, faute d’oxygène, à ses deux co-équipiers. Seul survivant, il a perdu l’ouïe. En 1881 il contribue à la création d’un ballon dirigeable usant de l’électricité pour se propulser et effectue la première ascension le 8 octobre 1883.
V. LES RESPONSABLES POLITIQUES
Georges Le Chevalier, préfet gambettiste
C’est un très jeune préfet de 30 ans qui arrive au Mans en septembre 1870. Avocat, né à Paris il est nommé par son ami Léon Gambetta. Dès sa prise de fonction, il commence à organiser la défense du territoire en prévision de l’invasion et fait afficher une déclaration :
« La tâche est difficile, mais elle est unique : préparer et assurer la libération prochaine du sol sacré de la patrie. La France sait qu’elle ne combat plus pour un homme ni pour une dynastie, mais pour elle-même. »
Le Chevalier supervise le recrutement de 14000 hommes environ et peine à leur trouver des armes. Il finit par obtenir environ 11000 fusils divers, mais avec des munitions non interchangeables ou même incompatibles avec l’arme manipulée. La Sarthe est déclarée en état de guerre au mois d’octobre. Le préfet fait couvrir le territoire d’obstacles pour ralentir l’ennemi et demande aux maires de transmettre les données sur l’avancée des Prussiens. Ces mesures sont peu appliquées, tandis que les rumeurs d’invasion créent la panique à plusieurs reprises. Sa gestion autoritaire le coupe des notables. Forcé de quitter Le Mans avant l’occupation, il maintient son action au sud du département. Comme Gambetta, il démissionne après l’armistice. Au tournant du siècle, Le Chevalier fera une carrière politique dans la Sarthe, étant élu président du conseil général et sénateur en 1903.

Michel Vétillart obtient le cessez le feu
Né le 28 octobre 1820 à Pontlieue, il y a créé une usine de blanchiment de textiles et de cotons. Maire de cette commune jusqu’à son rattachement au Mans en 1865, il est en 1870 maire adjoint. Le 12 janvier, alors que les combats font rage dans la ville, le conseil municipal décide d’envoyer les élus faire cesser le feu. Avec MM. Durand et Caillaux, ayant pour tout drapeau parlementaire « un essuie-mains », il se dirige vers la rue de l’étoile. Là, des élus parlementent avec les officiers prussiens pour obtenir un cessez le feu qu’ils font respecter dans les rues proches. Il prend la suite du maire, atteint par la variole, pour administrer la ville occupée. A sa femme, il écrit le 23 janvier
« Nous sommes absolument sans nouvelles de ce qui se passe au dehors de la ville. Nous ignorons tout. »
Puis le 27 janvier :
« Pour nous ici, nous n’avons qu’une aspiration, qu’un désir, la Paix, la Paix le plus promptement possible, afin de nous réunir à tous les nôtres ! »
Pierre Jacques Richard, maire du Mans, face au vainqueur

Cet avocat né à Savennières (Maine-et-Loire) faisait partie du Comité Central Républicain lors de la Révolution de 1848 et entre au conseil municipal l’année suivante. Il occupe la fonction de maire du 17 août 1870 au 15 mai 1871. Le 12 janvier, il fait partie d’un deuxième groupe d’élus qui se porte vers les troupes ennemies pour éviter pillages et exactions. Il est présenté au général Voigts-Rhetz, place de la Mission. Ce dernier lui intime l’ordre de payer une contribution de 4 millions de Francs, ainsi que de servir ses troupes, en échange de quoi, il promet sécurité aux habitants, avant de le congédier. Quelques heures plus tard, Richard refuse de se plier à l’ordre de ravitailler 40.000 soldats, répondant à l’officier :
« Dans ce cas, c’est l’autorité allemande qui dans 15 jours sera obligée de nourrir les habitants ! Quant aux 4 millions de francs, si vous persistez à les demander je n’essaierai même pas de les chercher. »
Quelques jours plus tard, Richard étant contaminé par la variole, Alexandre Desgraviers, Michel Vétillard et Eugène Caillaux prennent en main la mairie. Finalement, la somme imposée est réduite à 2 millions. A la fin des hostilités, les Allemands remettent 500 000 francs en dédommagement.
Texte : Stéphane Tison et étudiant.es de Le Mans Université
























































































































































































































































































































































































































