II – ESTÉTISMES ET SIGNIFICATIONS
LA TAILLE QUI COMPTE
Au XIXe siècle, les registres des armées du premier empire napoléonien donnent des informations sur la taille normale. Ainsi, la taille minimale requise pour être soldat était d’1,54 mètre, tandis que la taille moyenne tournait autour d’1,65 mètre. Notons que ces sources nous renseignent uniquement sur la taille moyenne des hommes en ce temps-là, pas celle des femmes. Si nous connaissons la taille moyenne de l’époque, les tailles anormales intriguent.
En effet, les personnes de petite taille intéressent médecins et scientifiques même si leur existence est ancienne. Par exemple, des sources mentionnent l’existence de nains gladiateurs dans la Rome antique, et au Moyen Âge ce genre de personne faisait l’objet de la curiosité.
Au XIXe siècle, les petites et grandes tailles attirent les foules. Ces phénomènes de nanisme et de gigantisme font se déplacer les gens pour voir une représentation de ces personnes au théâtre ou au cirque. Le cirque Barnum met en avant le personnage de Tom Pouce, de son vrai prénom Charles Stratton ou encore le géant Édouard Beaupré. Victimes de leur taille, ces personnes pouvaient faire l’objet de chasse pour figurer dans des représentations commerciales.
De nos jours, la taille a toujours un impact dans notre société, bien que moindre comparé au XIXe siècle. Nous pouvons évoquer le fait que la taille d’1,70 mètre est toujours un critère pour devenir Miss France.

Sources
Houdaille Jacques, « La taille des Français au début du XIXe siècle », Population, 25, 6, 1970, p.1298.
Leriche René, Poncet Antonin, « Nains d’aujourd’hui et Nains d’autrefois ; Nanisme ancestral ; Achondroplasia ethnique », Bulletin de la société d’anthropologie de Lyon, 22, Lyon, 1903, p. 178-184.
Réalisé par Timothé Broyer.
LE SOURIRE, TOUTE UNE HISTOIRE…

Outil de communication non verbale, le sourire est une expression faciale dont la signification diffère à chaque usage. S’il peut s’exprimer avec les lèvres, l’imaginaire collectif le conçoit davantage avec une présentation des dents. Lié à la dentition, le sourire est le moteur de nombreux « changements sociaux, culturels, scientifiques et techniques » (I. Moucharik) dès le XVIIIe siècle.
Le sourire est d’abord un marqueur de distinction sociale. Les progrès scientifiques et techniques vis-à-vis de la dentition servent la santé, mais également un esthétisme qui n ’ est pas à la portée de tous. Si l’hygiène dentaire et les mœurs freinent la présence du sourire dans la sphère publique jusqu’à la fin du XIXe siècle, il devient ensuite un moyen de s ’ affirmer socialement dans la culture occidentale. L’art, à commencer par l’impressionnisme, dépeint le sourire avec plus de liberté. Le XXe siècle est marqué par le sourire de Marylin Monroe réalisé par Andy Warhol, critique d’une société où sourire signifie cacher ses intentions.
Aujourd’hui, le sourire est un outil de communication omniprésent. Les sciences psychologiques le reconnaissent comme un langage, dont la signification diffère à chaque interaction humaine. Une omniprésence marquée également par son utilisation comme stratégie marketing : le sourire, perçu comme un gage de confiance, valorise le produit. À titre d’exemple, plusieurs publicités pour des produits dentaires mettent en avant une femme qui, grâce au produit, arbore un sourire aux dents parfaitement alignées et blanches. Le sourire semble alors perdre sa signification humaine au profit d’une société utilisant le corps humain pour produire un modèle parfait.
Sources
Moucharik Ikrame, « Le sourire », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2022.
Sales Marie-Françoise, Des sourires et des hommes : une approche philosophique, Bayard, 2020.
Réalisé par Charles Bourdais et Romain Brière.
LE MAQUILLAGE AU FIL DE L’HISTOIRE
Néfertiti, Vénus, Marie-Antoinette, Marilyn Monroe, voici quatre femmes qui, à travers l’histoire, ont représenté à leur époque respective des canons de beauté. Chacune d’entre elles a vu sa beauté sublimée par le maquillage, outil « indispensable » pour idéaliser le corps. Dès l’Antiquité, l’usage du khôl noir et des fards couleur ocre pour définir l’œil étaient répandus autant chez les femmes que chez les hommes.
Les temps modernes ne dérogent pas à la règle, les deux sexes aiment se toiletter. La définition du maquillage parfait : un visage blanc poudré où l’on dépose une mouche révélant la nature des intentions de son porteur en fonction de sa position, le safran soupoudré sur les pommettes et les lèvres rosées.
Le XXe siècle va permettre la démocratisation du maquillage qui révèle une exaltation du visage et de la bouche, mais aussi une attention nouvelle portée au corps entier. L’impact du cinéma, popularisé dès les années 1920, dicte de nouveaux canons de beauté par des idoles mystérieuses aux yeux charbonneux et à la bouche raisin, la blonde platine hollywoodienne ou encore la brunette petit renard.
Aujourd’hui, le maquillage ne sert plus à transformer le visage, mais à l’embellir de façon plus naturelle avec des produits, les imperfections ne sont plus des défauts. Le maquillage dépasse ses fonctions traditionnelles de rajeunissement, d’expressivité ou de féminité pour devenir un art à part entière.

Sources
Paquet Dominique, « Maquillage », Universalis.fr [en ligne], 2020.
Journal des Actualités Françaises, « La rentrée, c’est aussi le retour du maquillage », Ina [en ligne], 29/09/1962.
Réalisé par Éloïse Berthier et Inès Ponsard.
LA PEAU-PULARITÉ

Pendant longtemps, dans la société occidentale, la norme esthétique était celle de la blancheur. Une belle peau était une peau blanche, synonyme de pureté et de bonne santé. Les élites qui refusaient le hâle prenaient toutes sortes de précautions contre le soleil. La création de cette norme était un moyen pour elles de se distinguer des esclaves e t de la paysannerie, dont le teint bruni par le travail signifiait l’appartenance au Tiers-État.
Cette obsession pour la peau blanche a encore des répercussions aujourd’hui, comme en témoigne le phénomène de dépigmentation volontaire né en Occident au début des années 1960.
Cette pratique, qui consiste à obtenir l’éclaircissement d’une peau naturellement pigmentée, présente de nombreux risques, allant de la destruction de l’épiderme à l’apparition de troubles neurologiques. Cette idée selon laquelle il faudrait « blanchir des noirs » remonte à la fin du XVIIIe siècle, à une époque où leur couleur de peau était perçue comme un défaut qu’il fallait gommer.
Pourtant, dès les années 1920 et surtout au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les critères esthétiques liés à la couleur de la peau s’inversent. On échange la pâleur contre un teint hâlé qui rappelle les vacances, la mer et le soleil. Désormais, le bronzage prime, marquant ainsi la naissance des corps d’été.
Sources
Vaz Élisa, « Dépigmentation volontaire », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2021.
Réalisé par Chloré Rimbert.
UN POIL AU POIL
Poil : (pilus) nom masculin, production filiforme sur la peau dont le rôle est de protéger du froid, du chaud, et de la poussière.
Mais au-delà de cette définition, et quelle que soit l’époque, le poil est aussi porteur d’un message. Signe de puissance, de virilité ou de courage pour les uns, il peut être la marque d’un manque d’hygiène, de sauvagerie, de petite vertu pour les autres.
Le poil est un signe ostentatoire. En 1836, une classification anonyme indique pouvoir déterminer l’orientation politique d’un homme selon la forme de la moustache et de la barbe. Il permet également une distinction entre les riches et les pauvres, les ruraux ou les urbains, les hommes et les femmes…
Les hommes se doivent d’être poilus et les femmes épilées. Récemment, un mouvement de réappropriation de la pilosité apparaît, certaines personnes, essentiellement des femmes, choisissent de revendiquer leur corps tel qu’il est naturellement.

Sources
Corre Arthur, « Poil », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2022.
Réalisé par Clémence Le Corre.
























































































































































































































































































































































































































