V – LES FEMMES DANS LE TEMPS
LA CHASSE AUX RIDES
Comme le souligne le sous-titre de ce livre intitulé La vraie philosophie des dames, l’apparition des rides, ces « fâcheuses marques de la vieillesse » sur les visages féminins affecteraient la « beauté » de ces dernières. A contrario, la fraîcheur des jeunes femmes « en fleur » est glorifiée.
Si, pour les hommes, les barbes blanchissantes et les rides sont considérées dès l’Antiquité comme une marque de sagesse, les rides qui marquent les visages féminins sont considérées comme un signe de dépérissement.
Ainsi, les femmes, souvent comparées à des fleurs par les hommes de lettres, seraient amenées à se flétrir et se faner.
Il convient de revenir sur l’origine biologique des rides. Les rides sont des plis cutanés causés par la corrélation de trois facteurs majeurs : l’exposition naturelle aux ultraviolets, la diminution naturelle de la masse graisseuse sous-cutanée durant la vieillesse ainsi que la diminution de l’expression de protéines telles que le collagène et l’élastine.
Certes naturelles, les rides ont vite été considérées comme étant aux antipodes des standards de beauté et les recettes miracles d’antan côtoient les nouvelles technologies pour chasser ces signes de vie et ces « sourires gravés » pour reprendre les mots de l’écrivain Jules Renard.

Sources
Charlap Cécile, « Ménopause », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2020.
Réalisé par Marianne Tregouet.
« LE DEUXIÈME PRINTEMPS DES FEMMES »

L’histoire de la catégorie médicale de la ménopause est étroitement liée aux rapports sociaux de sexe. Cette catégorie a évolué au fil du temps, reflétant les changements de perspectives et de connaissances sur le corps des femmes. Au début du XIXe siècle, le terme « ménopause » est apparu pour la première fois dans un contexte où la biologie et la catégorisation des sexes ont commencé à émerger, remplaçant le modèle unisexe précédent. Cette nouvelle catégorie médicale a contribué à justifier les inégalités de genre en présentant le corps féminin comme instable et cyclique, par opposition au corps masculin considéré comme plus constant et équilibré.
Au fil du temps, la ménopause a été associée à diverses pathologies (fièvre, maladie mentale). Au tournant du XXe siècle, la ménopause est définie comme une carence hormonale grâce à des études scientifiques sur le corps. Cette perspective médicale a conduit à une médicalisation croissante de la ménopause, la considérant comme une maladie. Les ouvrages médicaux contemporains perpétuent des discours médicaux qui accentuent les stéréotypes de genre en définissant la féminité en fonction de la fertilité, ce qui marginalise les femmes ménopausées.
En conclusion, l’histoire de la catégorie médicale de la ménopause reflète les évolutions des connaissances médicales, des conceptions du genre et de la manière dont la société a perçu le corps des femmes. La ménopause a été médicalisée au fil du temps, ce qui a eu des implications sur la façon dont elle est comprise et traitée. Il est important de remettre en question les stéréotypes de genre et de reconnaître la ménopause comme une étape normale de la vie des femmes.
Sources
Charlap Cécile, « Ménopause », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2020.
Réalisé par Alexandre Leroy.
























































































































































































































































































































































































































