VI – LES REPRÉSENTATIONS ET LA SOCIÉTÉ
LE MANNEQUINAT : DE SA CRÉATION À SA REMISE EN QUESTION
L’Histoire du mannequinat symbolise la dualité entre l’immobilité et le vivant. Le terme « mannequin » prend ses racines en Flandre au Moyen Âge avec le mot mannekijn qui signifie « petit homme ». L’activité de mannequin concernait les jeunes hommes qui pouvaient porter de nouvelles créations. Le mannequinat évolue au XVIIe siècle : c ’ est l’arrivée du « mannequin-poupée » de mode qui valorise la couture.
Au XIXe siècle apparaissent les premiers modèles vivant dans le monde de la couture. Par exemple, Marie Vernet, la femme du créateur Charles Frederick Worth, est la première mannequin professionnelle. C’est par la suite que le « corps-objet » émerge, car le mannequin s ’ efface pour valoriser les créations portées. Cette forme de dépersonnalisation des femmes favorise chez certains la comparaison avec les prostituées.
En parallèle, le modèle de corps qu’elles représentent devient un standard de beauté sociétale. À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, l’envie de diversifier les modèles se fait ressentir et des associations féministes comme « Osez le féminisme » portent des revendications contre des institutions de mannequinat telles que Miss France en 2021.

Sources
Jean Morgan, « Le corps féminin fantasmé. De la naissance du mannequin en 1858 à l’abolition du corset en 1906 », Hypothèses, vol. 18, no. 1, 2010.
Renard Camille, « Mannequin, histoire d’un mot : du « petit homme » au « top model » », France Culture [en ligne], 21 juin 2018.
Réalisé par Raffaël Chevallier, Simon Altermatt et Hugo Germain.
TRANSGRESSER LES STANDARDS DE BEAUTÉ

Le XIXe siècle est marqué par un intérêt grandissant pour le corps « monstrueux », aux antipodes des standards de beauté de la société.
Les freak show mettent en scène des individus avec des anomalies physiques ou génétiques, tels que les célèbres « femmes à barbes ». Ces dernières souffrent d’hirsutisme, mais sont perçues comme de véritables objets de divertissement.
En France, la popularité des femmes à barbe est incarnée par Clémentine Delait. Cette dernière est une source de fascination, et son portrait se diffuse dans le territoire par le biais de cartes postales. Elle parvient à faire de sa particularité une force, en se voyant accepter le port du pantalon, alors interdit aux femmes depuis l’acte du 16 Brumaire de l’an IX (7 novembre 1800).
L’image des poils incompatibles avec l’expression de la féminité a contribué à la fascination pour les femmes à barbe. Aujourd’hui encore, l’enjeu de la pilosité est très fort, de nombreuses femmes se battent contre le diktat de l’épilation.
Sources
Cosandier Clément, « Clémentine Delait », DicoPolHiS [en ligne], Le Mans Université, 2021.
Réalisé par Élise Lelièvre.
























































































































































































































































































































































































































